« Powerspace » (interview de Guillaume Lafond)
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« Powerspace » (interview de Guillaume Lafond)

Nous avons eu le plaisir de rencontrer à plusieurs reprises au cours des derniers mois Guillaume Lafond, co-fondateur de Powerspace. Une fois n’est pas coutume, que cela soit au cours de nos Rencontres Editeurs de juillet 2018, sur le plateau de Pragmatic l’automne dernier ou encore lors de notre récent entretien, le discours et les explications n’ont jamais changé.

On ne pivote pas, l’intelligence artificielle n’est pas venue révolutionner le business model de l’entreprise, l’équipe de R&D ne s’est pas tout à coup orientée vers les podcasts, autrement dit, Powerspace continue de faire du Powerspace. Quel est justement leur domaine d’intervention ? Leur légitimité dans ce domaine ? Leurs objectifs en cette année 2019 ?

Voilà quelques-unes des questions que nous avons posées à Guillaume.

LES NEWSLETTERS SONT DES ESPACES PREMIUM

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de Powerspace, sachez tout simplement qu’ils opèrent dans le domaine de la publicité native spécifiquement intégrée dans les newsletters. Chaque éditeur média possède une et même souvent plusieurs newsletters qui permettent de toucher leur audience. Elles servent notamment de point d’entrée vers les sites mais sont aussi considérées comme des supports, des médias en tant que tels. Il est dès lors logique et cohérent de chercher à les monétiser.

Et quitte à valoriser ces espaces, autant profiter notamment du fait que les lecteurs inscrits sont identifiés pour leur proposer des publicités adaptées, idéalement intégrées ou tout du moins en rapport avec les différents contenus. La publicité native dans les newsletters trouve donc ici toute sa logique. Guillaume précise : « Nous sommes actuellement sur une base de 600 millions d’impressions publicitaires par mois. Les volumes sont donc conséquents et en croissance car ces espaces sont clairement identifiés comme étant premium et ces publicités ne sont pas jugées comme étant intrusives. »

LA PERFORMANCE D’UNE CAMPAGNE N’EST PAS AUTOMATIQUE

Mais revenons d’abord aux origines de Powerspace pour mieux comprendre non seulement pourquoi la société est légitime et même leader dans ce secteur mais aussi comment cette expertise a pu se développer. Guillaume raconte : « Nous avons toujours travaillé sur fonds propres ce qui nous a permis de travailler à notre rythme mais aussi de développer au fur et à mesure une technologie adaptée et évolutive. » Avant de parler de programmatique bien évidemment, il est tout d’abord important de comprendre que Powerspace est née d’une véritable frustration vécue par Guillaume lorsqu’il travaillait de l’autre côté de la barrière, chez l’annonceur donc, que cela soit CDiscount ou Vistaprint.

« Nous gérions alors plusieurs millions d’euros de budgets par an et nous nous sommes alors rendus compte que si nous procédions en interne aux arbitrages, à savoir acheter non pas au CPC mais au CPM pour ensuite nous-mêmes gérer les performances, les écarts d’optimisation et donc les conséquences sur les budgets pouvaient alors atteindre 30% ou 40% ce qui est considérable. Il a donc fallu tout d’abord développer cette expertise. L’étape suivante et naturelle fut d’y ajouter une brique technologique. »

LE NATIVE S’INSCRIT DANS UNE LOGIQUE D’ACCEPTABILITÉ DE LA PUBLICITÉ

Nous comprenons alors que Powerspace s’est donc initialement construit autour de cette notion de performance. S’est alors posée la question du véritable domaine d’intervention en vue de se différencier des autres acteurs, nombreux, présents sur ce secteur. « Nous étions des utilisateurs réguliers des newsletters mais il est devenu clair que le push e-mail serait de plus en plus apparenté à du spam et que les performances allaient donc s’effondrer. Le format native commençait à s’imposer dans le display classique et nous avons décidé de nous ultra-spécialiser en l’intégrant dans les newsletters. »

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Guillaume explique : « La recette fonctionne parfaitement pour l’annonceur et l’audience mais aussi côté éditeurs avec des revenus incrémentaux significatifs. » Nous parlons alors logiquement de business model et sans surprise, Guillaume nous parle de partages de revenus avec les éditeurs avec des taux de reversement autour de 70%. Il évoque également les logiques de SAAS où les éditeurs pourraient directement opérer la technologie Powerspace. « L’idée est bien évidemment séduisante car elle apporterait une scalability dont tout le monde rêve. C’est néanmoins quelque chose que nous allons d’abord tester et développer à l’international car nous souhaitons que nos clients français continuent de bénéficier de notre expertise. Le service est également clé dans la réussite de ces campagnes et nous sommes encore les mieux placés pour les commercialiser, les suivre et les analyser. »

LE COURT TERME N’A AUCUN INTÉRÊT

Les projets 2019 pour Powerspace sont relativement simples et finalement aisés à comprendre. Continuer à croître, la société a augmenté son chiffre d’affaires de 30% en 2018 pour atteindre un peu plus de 5 M€, et surtout conserver ce qui fait l’ADN de cette structure, être focalisés sur un seul projet et garantir aux clients une attention complète. « Nous ne souhaitons pas lever des fonds car nous souhaitons rester intégralement concentrés sur nos clients, nos produits et les revenus associés. Nous pourrons bien évidemment réfléchir à des opportunités, mais nous gagnons de l’argent depuis le lancement de Powerspace et il est clé pour nous de conserver cette indépendance et cette véritable chasse à la performance que nous effectuons pour nos clients. »

Pour conclure, on peut facilement affirmer que Powerspace ne s’inscrit pas dans cet univers des start-ups qui tentent un coup, pivotent puis s’écroulent ou cèdent. Comme nous le disait Guillaume, « le court terme, ce n’est pas notre truc », et quand il s’agit de vouloir se concentrer sur le moyen et même le long terme, il devient alors logique de s’appuyer sur les fondamentaux : une équipe, un marché, un produit, des clients, des revenus.


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