Le portrait The Rubicon Project : Julien Gardès, Managing Director France & Southern Europe
julien gardès rubicon
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Nous avions rencontré Julien Gardès de The Rubicon Project il y a exactement un an. Depuis, le « project » en question a pris une belle ampleur puisque la société est depuis cotée au Nasdaq. L’introduction en bourse d’une société dans le domaine du marketing digital reste une sacrée étape. Nous voulions donc en savoir un peu plus et faire le point avec Julien en abordant tous les sujets qui font que le programmatique est un monde à part au sein duquel même les initiés se sentent parfois un peu perdus.

La bourse ou la vie

Pour ceux qui seraient restés endormis depuis quelques années, sachez que l’IPO correspond aux initiales anglaises pour une introduction en bourse (Initial Public Offering). Et celle de Rubicon eut donc lieu le 2 avril 2014, le lendemain du jour des poissons, pour finalement se solder par une levée de 100 millions de dollars ce qui objectivement rend le concept de beurre dans les épinards limite vexant pour le vendeur de beurre.

L’avis de Julien
«  The Rubicon Project est avant tout une société technologique. Cette entrée en bourse nous a permis d’accélérer davantage notre développement technologique pour répondre aux enjeux du mobile et de la vidéo, entre autre. Le marché de la publicité est en forte croissance, et des nouveaux marchés sont apparus.  Après avoir soutenu notre croissance par des recrutements à l’international, nous avons conquis de nouveaux marchés naissants. En fait, l’IPO vient consolider notre forte croissance ainsi que notre stratégie d’internationalisation. Si d’un point de vue opérationnel rien n’a véritablement changé depuis cette introduction, il est clair que cela nous permet globalement d’asseoir nos ambitions et donc de nous projeter sereinement dans l’avenir. »

« …L’IPO DE RUBICON A POUR LE MOMENT PERMIS A LA SOCIETE DE SE CONCENTRER SUR L’INTERNATIONAL… »

rubicon project

L’International est le genre de The Rubicon Project

Si « introduction en bourse » rime parfois avec « faire ses courses » puisque les sociétés cotées en profitent souvent pour effectuer des acquisitions, l’IPO de The Rubicon Project a pour le moment permis à la société de se concentrer sur l’international. La société est en effet désormais installée aux cinq coins de la planète, de Seattle à Sydney en passant par exemple par Tokyo, Singapour et bien évidemment Paris. L’Europe est elle-même divisée en trois avec les hooligans à Londres, les buveurs de bière et de vodka à Hambourg et les gourmets raffinés à Paris. En effet, Julien pilote désormais une région qui s’étend de Bruxelles à Milan en passant par Madrid.

L’avis de Julien
« Nous sommes déjà présents sur les marchés les plus matures comme la France  l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis… L’Italie, l’Espagne, la Turquie ou encore l’Amérique du Sud sont des marchés plus récents dans lesquels le potentiel de développement est très fort. Nous nous y intéressons de près et investissons dans ces pays. Nous sommes particulièrement actifs en Belgique et en Italie. Ainsi, 30 des 50 plus gros éditeurs italiens sont désormais équipés de nos solutions. »

« …30 DES 50 PLUS GROS EDITEURS ITALIENS SONT DESORMAIS EQUIPES DE NOS SOLUTIONS… »

SSP c’est plus musclé

Et pour ceux qui ne suivent pas l’actualité du programmatique de près, sachez que le terrain de jeu de The Rubicon Project, ce sont les éditeurs, et pas n’importe lesquels, ceux qu’on appelle les éditeurs premium.

L’avis de Julien
« Notre métier est de servir les intérêts des éditeurs à travers une plate-forme Cloud automatisée unique d’achat et de vente de publicité, leur permettant ainsi d’améliorer la monétisation de leurs inventaires en augmentant le revenu par impression. Nous les accompagnons au quotidien dans cette démarche. Cela passe par des campagnes premium pour apporter de la valeur ajoutée aux éditeurs comme aux annonceurs. Les opérations spéciales comme les habillages de page et autres formats impactants prennent donc tout leur sens. Grâce aux éditeurs premiums, les annonceurs bénéficient d’une audience qualifiée. En retour, les éditeurs sont en mesure de proposer des campagnes en adéquation avec leur positionnement. Ceci crée de la valeur ajoutée aussi bien en termes de pertinence de ciblage que de monétisation. Un partenariat gagnant/gagnant qui nous permet également de nous différencier sur un marché concurrentiel. »

rubicon project dmexco 2015

TD comme Trading Desks et comme Travaux Dirigés

The Rubicon Project joue par contre au billard à trois bandes avec les agences et donc les trading desks en passant beaucoup de temps à évangéliser le marché sur les bienfaits du programmatique. Admettons que vous soyez le gérant du Macumba à Charleville-Mézières. Si vous proposiez l’entrée gratuite aux filles, jusqu’à minuit par exemple, et bien il y aurait alors de bonnes chances que Roger et Gilbert y viennent dépenser quelques piécettes.

L’avis de Julien
« Le marché de la publicité en ligne a subi de nombreuses évolutions en peu de temps. Son développement est comparable à celui des places de marchés financières ou de la vente de billet d’avion en ligne. Il y a encore peu de temps, la plupart des transactions et des deals était géré avec des documents Excel et des fax. Ainsi, des millions d’euros transitaient chaque mois via ces outils. Il était donc nécessaire de moderniser cela pour optimiser les transactions. Cependant, l’achat programmatique souffre encore beaucoup de l’image de monétisation des invendus. De plus, avec le nombre d’acteurs, il est important d’expliquer aux éditeurs et aux annonceurs les missions de chacun et comment l’achat programmatique leur permet d’optimiser les investissements effectués. L’évangélisation représente encore une grande partie du métier.»

« …NOTRE METIER EST DE SERVIR LES INTERETS DES EDITEURS A TRAVERS UNE PLATE-FORME CLOUD AUTOMATISEE UNIQUE D’ACHAT ET DE VENTE DE PUBLICITE, LEUR PERMETTANT AINSI D’AMELIORER LA MONETISATION DE LEURS INVENTAIRES EN AUGMENTANT LE REVENU PAR IMPRESSION… »

AdServer forever

Après l’acquisition d’Open Adstream par AppNexus, une question nous brûlait les lèvres comme un morceau de chorizo trop épicé : quel AdServer Rubicon va-t-il racheter ? La réponse de Julien fut sans appel : « Je n’ai pas de commentaire à faire ». Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre cela ! Nous allions demander alors à Julien s’il était bien conscient de cette annonce somme toute stupéfiante, mais le sujet nous semblait tellement sensible que remuer le couteau dans la plaie n’eut fait que rouvrir une blessure secrète si difficilement cicatrisée.

L’avis de Julien
« ll existe trois options concernant les AdServers : procéder à une acquisition, développer une solution, ou s’intégrer du mieux possible aux les existants. Nous avons choisi la troisième voie. »

« …IL EST IMPORTANT D’EXPLIQUER AUX EDITEURS ET AUX ANNONCEURS LES MISSIONS DE CHACUN ET COMMENT L’ACHAT PROGRAMMATIQUE LEUR PERMET D’OPTIMISER LES INVESTISSEMENTS EFFECTUES. L’EVANGELISATION REPRESENTE ENCORE UNE GRANDE PARTIE DU METIER… »

L’année du mobile ?

On dit que pour bien démarrer une conférence il faut avoir une bonne blague dans son sac histoire de se mettre l’auditoire dans la poche. Nous vous conseillons ainsi de démarrer par : « 2014, l’année du mobile ? » Le seul problème c’est qu’elle ne commence à plus faire rire tellement tout le monde est coincé dans les starting-blocks et commence même à avoir des crampes.

L’avis de Julien
«Toute l’industrie parle du mobile depuis maintenant deux ans. En effet, c’est un enjeu important. Notamment du fait que le mobile est partout avec l’avènement des smartphones et des tablettes. Cependant, on voit seulement depuis une petite année apparaître le mobile de façon significative dans les stratégies publicitaires en Europe. Chez The Rubicon Project, nous travaillons depuis maintenant quelques temps sur cette partie et nous sommes prêt à accompagner les éditeurs dans la monétisation de leurs espaces mobiles. »

« …IL EXISTE TROIS OPTIONS CONCERNANT LES ADSERVERS : PROCEDER A UNE ACQUISITION, DEVELOPPER UNE SOLUTION, OU S’INTEGRER DU MIEUX POSSIBLE AUX LES EXISTANTS. NOUS AVONS CHOISI LA TROISIEME VOIE… »

Vidéo, Alpha et Omega

L’autre sujet du moment, c’est bien évidemment la vidéo. Côté vidéo donc, la version Beta de The Rubicon Project, qui n’est probablement pas plus bête qu’une autre d’ailleurs, est actuellement déployée chez tous les clients aux Etats-Unis et le sera donc également très bientôt en Europe.

L’avis de Julien
« L’autre sujet prépondérant est bien évidemment la vidéo. Tout le monde s’est engouffré sur ce marché ce qui a eu aussi pour conséquence de notamment ralentir le développement du mobile. Comme pour le mobile, la vidéo doit faire son chemin. Les éditeurs comme les annonceurs doivent s’approprier ce nouveau canal. Nous souhaitons vivement aider les éditeurs à développer ce nouveau canal car il représente un moyen de diversifier leurs offres et d’augmenter significativement leurs revenus. »

« …NOUS SOMMES PRETS A ACCOMPAGNER LES EDITEURS DANS LA MONETISATION DE LEURS ESPACES MOBILES… »

Dmexco, pour démarrer plein pot

Il fallait bien parler un peu de Dmexco pour terminer puisque c’est désormais à Cologne que nous nous donnons rendez-vous tous les ans, même si les bureaux de Rubicon ne sont qu’à une portée de Mauser de ceux de Ratecard. Nous avions amené toute une cargaison de français mais sachez que les italiens et espagnols avaient également fait le déplacement en nombre.

L’avis de Julien
« Dmexco est sans conteste la grand-messe internationale du marketing digital, qui rassemble tous les plus grands acteurs et décrypte les tendances du marché. Chaque année, The Rubicon Project est présent pour évangéliser le marché et participer aux réflexions en cours. D’année en année, je suis l’événement qui gagne en portée et devient de plus en plus intéressant. »


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