Interview de David Pironon, Smart AdServer
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Dossier Mobile

A propos de Smart AdServer

HISTORIQUE : Créé il y a plus de 10 ans au sein d’Aufeminin, Smart AdServer est une solution premium d’ad serving web et mobile. La société, qui compte des bureaux dans 8 pays, est aujourd’hui un acteur majeur en Europe et en Amérique du Sud.

CLIENTS : Editeurs premium (Amaury Média, 20minutes, Boursorama, Allociné, …), régies externes (Mbrand 3, Mobiladdict / YOC, Horyzon Media, MobValue, Hi-média, …). Agences et annonceurs en direct (GroupM, Performics, Meetic, Betclic, …)

PRODUITS : Solutions innovantes d’ad serving web et mobile pour éditeurs, agences et annonceurs.

EFFECTIFS : 80 employés dont 45 à Paris

INTERVIEWÉ : David Pironon, COO

Interview

Ratecard : En quoi le mobile a-t-il changé la consommation du média digital ?

"(…) nous observons un véritable décollage dans l'usage du média Mobile (…)"

David Pironon : Nous observons, depuis 2011, un véritable décollage dans l’usage du média mobile. Celui-ci est le résultat d’un cercle vertueux : généralisation des smartphones et des forfaits data, un contenu de plus en plus riche, et des moyens importants mis par les éditeurs dans leurs supports mobile (applications et webapp). Cette croissance ne se fait pas totalement en complément du web, puisqu’on observe en partie un effet de vases communiquants entre le web et le mobile : l’audience mobile devient très significative pour les éditeurs et sur certains événements ou sur certains supports, elle commence même à cannibaliser légèrement l’audience web. C’est ce qu’il s’est passé avec Facebook. Aujourd’hui l’enjeu pour les éditeurs est de réussir à monétiser cette audience suplémentaire, ce qui est difficile car les inventaires mobile sont énormes alors que les annonceurs investissent peu.

"(…) on constate que le mobile est encore plus réactif que le web (…)"

Concernant le média lui-même, on constate que le mobile est encore plus réactif que le web dans la mesure où il permet d’avoir la même instantanéité dans l’information, mais offre en plus l’avantage d’être accessible où que l’on soit. Nous constatons une très forte réactivité des mobinautes aux événements. Lors des matchs de foot de l’Euro, lors des JO, ou encore les soirs d’élections, nous constatons des pics très importants, qui sont plus prononcés que sur le web.

RC : Quelles sont vos prévisions pour les années à venir en termes d’investissements publicitaires mobiles ?

David Pironon : Il y a encore un très gros décalage entre la part d’audience et les revenus publicitaires du média. Le montant des investissements est encore relativement faible, puisque selon l’IREP il a atteint 33 millions d’euros en 2011. En revanche, après avoir entendu pendant plusieurs années que « c’était l’année du mobile » sans rien voir venir, il semble que nous assistions depuis quelques mois, à un vrai démarrage : les annonceurs montrent un intérêt grandissant pour le mobile, et si dans un premier temps leurs investissements ont surtout porté sur la réalisation d’applications et sites mobile, beaucoup commencent à tester les campagnes mobile, et à intégrer ce média en amont dans leur réflexion et non plus seulement comme une queue de budget du digital. Par ailleurs, les freins techniques sont également en train de s’estomper et de plus en plus les acteurs intervenant dans la création / diffusion de campagnes mobile utilisent des standards identiques, avec des normes telles que Mraid (rich media), ou encore l’utilisation de redirects qui se généralise. Smart AdServer a été le 1er ad server au niveau mondial certifié par l’IAB US, pour sa solution mobile, ce qui est un élément de réassurance pour les annonceurs. Il est clair que le mouvement est lancé et qu’il va s’amplifier. Nous serons sur des croissances à 2 chiffres pendant plusieurs années.

RC : Qu’est-ce que le HTML5 a rendu possible en termes de création et de communication publicitaires ?

David Pironon : Il y a encore 2 ans, la quasi-totalité des formats diffusés étaient de simples bannières ou interstitiels en gif animé. Assez rapidement, les annonceurs ont voulu des formats plus impactants et plus engageants. Techniquement, cela a été rendu possible par le développement des créations HTML5. Aujourd’hui, celles-ci représentent une part grandissante des créations que nous diffusons pour le compte de nos clients.
En termes purement créatif, le HTML5 offre des possibilités étendues, puisqu’il peut embarquer beaucoup plus d’éléments tels que de la vidéo notamment.
Sur le plan de l’interaction avec les mobinautes aussi, ces créations vont beaucoup plus loin : boutons sociaux type « partager », « like », liens directs dans la création vers de mini sites mobile embarqués, etc. L’hébergement de ces créations a longtemps été un frein au développement du HTML 5, de même que le peu d’expertise des agences créatives sur cette technologie encore très récente.
De notre côté, nous proposons depuis quelques temps la possibilité d’héberger, dans Smart AdServer, ces créations lourdes, composées de plusieurs fichiers (parfois des dizaines). L’arrivée en Europe d’acteurs focalisés à 100% sur la fabrication de ces créations HTML5 devrait par ailleurs faciliter leur développement.

RC : Qu’est-ce qui fait la valeur ajoutée de Smart AdServer sur le marché du mobile ?

David Pironon : Nous avons tout d’abord une valeur ajoutée très forte par rapport à des acteurs 100% mobile.
Le fait de proposer une solution web et mobile permet à nos clients de gérer leurs campagnes plurimédias digitales depuis une solution unique, pour le web, les mobiles et les tablettes. En tant qu’acteur historique web, notre infrastructure est solide et prévue pour gérer des volumes très importants. Nous mutualisons et amortissons un certain nombre de coûts sur nos solutions web et mobile. Cela nous confère un avantage certain sur de plus petites structures, jeunes et 100% mobile, pour qui les seuils de rentabilité sont beaucoup plus durs à atteindre. Nous avons également une valeur ajoutée forte par rapport aux gros acteurs de l’ad serving web qui se développent maintenant sur le mobile. Nous avons débuté notre activité mobile très tôt : avec des premiers développements mobile il y a 4 ans et avec une première version de notre solution mobile éditeurs lancée l’année suivante. Aujourd’hui, on en récolte les fruits : notre courbe d’expérience mobile, tant sur les aspects techniques et de développement produit, que sur la compréhension de l’écosystème mobile, est forte. Le fait d’être un acteur européen, et en l’occurrence français, nous confère un avantage supplémentaire sur le marché français. L’ensemble des développements sont réalisés à Paris, toutes les décisions stratégiques sont prises localement, et notre équipe de service clients est très conséquente à Paris.

RC : Quelle est la part du mobile dans vos projets pour 2013 ?

David Pironon : Le mobile est stratégique. Dans les chiffres, notre activité mobile est désormais significative. Elle constitue même un réel levier de prospection en nous permettant de signer des comptes avec lesquels on ne travaille pas forcément en web et qui, parce qu’ils collaborent avec nous sur le mobile, vont nous faire confiance sur l’ensemble du digital. A l’international, sur les marchés anglais et américains, plus mûrs, le fait d’arriver avec le mobile rend notre offre plus compétitive encore. En 2013, nous allons capitaliser sur cette expertise mobile et sur notre développement international. C’est un marché qui évolue très vite, il faut être réactif. Et, puisque nous allons dans le sens de l’histoire, nous allons aussi développer la brique RTB et ferons des annonces prochainement sur le sujet.

Pour voir les autres interviews : Dossier Mobile Octobre 2012 par Ratecard.


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