Edito Social : Au suivant !
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Aujourd’hui, le social est très populaire. Nous ne parlons pas de l’élection récente d’un Président socialiste, mais bien du fait que le moteur de ce qu’on appelle les réseaux sociaux, c’est l’accumulation de piles d’amis pour ainsi faire grossir régulièrement sa sphère d’influence. D’un point de vue publicitaire, le côté génial de l’histoire, c’est qu’en flattant l’égo des utilisateurs, et donc en les poussant à accumuler encore un plus de connexions, les éditeurs des réseaux sociaux collectent de la donnée qu’ils pourront alors exploiter publicitairement.
 
Si sur Facebook, le plafond de 5000 amis rend la notion d’amitié toute relative, le fameux +500 sur Linkedin du nombre de connections professionnelles semble devoir séparer le monde en deux catégories : ceux qui ont un réseau et semblent avoir un véritable ancrage dans leur milieu professionnel, et les autres. Si demain vous cherchiez à recruter quelqu’un pour développer un marché dans un pays étranger et que cette personne n’avait pas atteint cette fameuse barre des 500, il est probable que votre attention se porte sur un autre profil. Linkedin peut ainsi s’assurer que ses membres feront le maximum pour atteindre ce nombre symbolique, et alors disposer d’encore plus de données monétisables par la suite.
 
Sur Twitter, le début de la gloire se compte en followers. Mais Il y a bien évidemment un piège. Certains profils se targuent de compter par exemple 80 000 followers, mais à y regarder de plus près, ils suivent également le même nombre de personnes. Pour traduire en monde réel, imaginez une conversation entre tous les spectateurs du Stade de France et vous obtiendrez au mieux « Allez les Bleus ». Moralité de l’affaire, le twittos (l’utilisateur de Twitter) se rêve en Bigard à être seul au milieu de la pelouse avec 80 000 personnes (ou plus, ici c’est no-limit) qui le suivent. Mais in fine que l’on parle de followers ou de ratio followers / followés (cf. Bigard), le résultat pour Twitter est le même : s’assurer que l’intérêt des utilisateurs du réseau soit d’y passer un maximum de temps, mixer le tout, inventer des produits publicitaires et les revendre.
 
Là où les choses commencent à devenir un petit plus rigolotes, c’est que certains réseaux sociaux ont commencé à dire stop au gigantisme. Prenons deux exemples, Path et Pair. Path (levée de fonds de 40M$ en avril 2012 – ça sonne un peu début 2000 mais si on commence à parler de chiffres d’affaires ça sera tout de suite moins impressionnant) avait commencé par dire en 2010 : vouloir gérer plus de 50 connexions c’est grotesque, donc à partir de 51, il faut jouer aux chaises musicales et remplacer quelqu’un. Le système de la liste à rallonge inventé par Aimé Jacquet en 1998 connait enfin son application digitale et chacun peut désormais jouer au sélectionneur. Là où les choses se compliquent, c’est que qui dit moins de connexions, dit moins de données donc potentiellement moins d’informations utilisables auprès des annonceurs. Est-ce alors une surprise si désormais ce sont 150 amis que l’on peut avoir sur Path ?
 
Quant à Pair, comme son nom l’indique, c’est un réseau social pour deux. On parle cette fois-ci d’une levée de 4,2 M$ (mai 2012) pour ce réseau spécial couple parce que oui, organiser le tour de vaisselle ne concerne finalement pas grand monde en dehors du couple. Au-delà du côté pratique de la chose, va alors se poser la question du modèle publicitaire, puisque les données accumulées vont par définition être moins importantes.
 
Pour conclure, on vous parlerait volontiers de notre réseau social Solo, mais on vient de nous apprendre que la fonction agenda venait d’être développée par certains visionnaires. Nous allons donc nous contenter de vous citer Jacques Brel qui dès 1964 se demandait « s’il n’est pas plus humiliant d’être suivi que suivant ». Il ne connaissait pas Twitter, n’était pas un spécialiste de la publicité, mais niveau chiffre d’affaires, il savait de quoi il parlait, alors écoutons-le.


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