Social Moov : Portrait de Véronique Bergeot et de Sylvain Eche
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Chez Ratecard, ça parle techno à longueur de temps. Des AdEx aux DSP mobiles en passant par les DMP, nous baignons dans le javascript à la sauce algorithme. Alors c’est vrai que travailler sur Twitter nous a donné un petit bol d’air. Nous avons discuté créations publicitaires, opérations marketing, et c’était finalement plutôt réjouissant. Pour terminer ce tour d’horizon des acteurs qui comptent sur ce marché, nous voulions un point de vue féminin. Rendez-vous est alors pris avec Véronique Bergeot, la co-fondatrice de Social Moov, avec Sylvain Eche.

Le macho qui dort au fond de nous et qui se réveille finalement assez souvent s’imagine déjà une discussion à base de créas, de plan média, etc. Mais il faut finalement voir les choses en face : on va bel et bien parler technologie. Les bureaux de Social Moov sont plus remplis d’ingénieurs que d’ingénieuses, et voilà donc que nous allons discuter algo, API et compagnie. Sortons la chemisette et les cheveux gras et allons-y.

Acheter et revendre tout simplement

Chez Social Moov, on est tombé dans la marmite pleine de technos depuis plusieurs années, et ce pour la bonne cause : gagner des sous. Editeurs de site comme Shopping Actu, Véronique et ses copains se sont rendus comptes qu’en étant plutôt malins, ils étaient capables d’optimiser leur référencement sur Google et de le rentabiliser. En effet, l’internaute Roger cherchait sur Google “Boule de Caravane”, le site de Véronique ressortait en premier dans les résultats de recherche, Roger visitait Shopping Actu à la page des boules de caravane puis en repartait vers le site leader bouledecaravane.com. Entre temps, Véronique gagnait des sous en tant qu’intermédiaire (affilié).

Prendre la vague Facebook

Et voilà que décolle Facebook en 2010. Véronique et son équipe se disent alors qu’il y a probablement quelque chose à faire de ce côté-là. La concurrence sur Facebook est encore faible, les coûts au clic sont bas, les marges importantes et voilà comment Social Moov se crée. L’activité d’éditeur est mise de côté et en avant la technologie, puisque l’idée est désormais d’optimiser des achats pour des annonceurs. Social Moov devient ainsi le troisième acheteur média sur Facebook en France en 2010 et on parle déjà de plusieurs millions d’euros.

« … TOUT UN TAS DE DONNÉES PLUS PRÉCISES QUI VONT LEUR PERMETTRE DE MIEUX ACHETER ET DONC DE DÉPENSER PLUS … »

Le pull de Facebook a plus d’une paire de manches

Véronique nous précise : Google c’est du push. Imaginez Brigitte qui vient d’accoucher de quadruplés. Elle utilise son moteur de recherche et tape : “voiture 10 places ou semi-remorque”. Google lui renvoie une pub pour un Transporter. Avec Facebook, on est par contre sur du pull. Brigitte explique à sa copine Nathalie que la vie va être un enfer avec ses quatre nouveaux enfants et voilà qu’on se met à deviner ses envies. Le premier va se dire qu’elle a besoin d’une grosse voiture, le second d’un abonnement au gaz et le troisième d’une nouvelle garde-robe. Le champ du potentiel devient alors infini comme une nuit sans étoile.

« … NOUS TRAVAILLONS SUR DES PLATES-FORMES, FACEBOOK EN L’OCCURRENCE, QUI CHANGENT EN PERMANENCE … »

Social Moov in the move

A partir de là, Social Moov peut s’appuyer sur l’API de Facebook et devient Preferred Marketing Developer. Avec leur Carte Gold Platinum ils vont désormais avoir accès à tout un tas de données plus précises qui vont leur permettre de mieux acheter et donc de dépenser plus. Social Moov devient alors fournisseur de technologie, les fameux SaaS. Point de Guêpier en Angola (1975) ou de de Filière Bulgare (1983) pour SAS puisqu’il s’agit de commercialiser une technologie comme un service (software as a service). Concrètement, ce coup de génie marketing permet aux entreprises de software non pas de vendre à l’ancienne en one-shot leurs solutions mais de les refacturer régulièrement, qui plus est en pourcentage du chiffre d’affaires qui passe dans les tuyaux.

Garantir un suivi des évolutions

Véronique précise alors immédiatement : ce modèle se justifie pleinement car nous travaillons sur des plates-formes, Facebook en l’occurrence, qui changent en permanence. Nous apportons donc des nouveautés continuellement, faisons office de veille, de testeur, … Faire développer une solution ad hoc n’aurait pas de sens et les agences média ont autre chose à faire que de mobiliser des ressources pour créer des actifs technologiques. Social Moov travaille ainsi par exemple avec Socialyse, la cellule Social de Havas, pour ses activités internationales.

Le coût au clic c’est complètement has been

Chez Social Moov on n’achète pas au clic. En fait si parce que dans la mesure où c’est l’unité en vigueur, vous n’avez pas tellement le choix. Mais de même que quand vous voulez faire de la purée, il faut bien acheter des patates, Social Moov ne s’arrête pas au prix de la matière première. Leur fameuse techno leur permet non seulement de sélectionner le type qui va bien en fonction de la recette, mais aussi de pourquoi pas la payer plus cher, parce qu’ils sont les seuls à connaître la recette du suprême d’écrasé de la reine des champs à partir de ratte du Touquet. Remplacez la purée par le téléchargement d’application et vous comprendrez alors pourquoi le prix d’entrée de la patate est certes clé mais largement négociable.

La surspécialisation

Chez Social Moov, on respire Facebook. Véronique nous parle ainsi de leur valeur ajoutée face à un concurrent comme Marin Software par exemple qui va finalement centraliser l’ensemble des achats (search / social / etc…) dans une seule et même plate-forme. Toujours le fameux débat entre la centralisation pratique mais souvent un peu lourde versus la flexibilité et la réactivité de solutions dédiées pour chaque canal.

« … UNE TECHNOLOGIE DE SOCIAL MOOV EN 2014 POUR Y OPTIMISER LEURS CAMPAGNES TWITTER … »

Et Twitter dans tout ça ?

Pour aller à l’essentiel voilà ce qu’on peut dire :
– Social Moov va devenir rapidement chez Twitter l’équivalent des Preferred Partner de Facebook.
– L’accès rapide à leur API permettra une véritable optimisation dès 2014.
– La roadmap produit “Twitter” est complètement parallèle du produit “Facebook” en raison de la spécificité de chaque plate-forme.
– Les agences et annonceurs vont pouvoir utiliser une technologie de Social Moov en 2014 pour y optimiser leurs campagnes Twitter.
 

Ce qu’il faut retenir

– Véronique est à la tête d’une boîte de techno. Son truc, c’est le javascript. Personne n’est parfait.

– Acheter, optimiser et revendre c’est son dada depuis toujours. Ils ont commencé sur Google et ont pris leur envol véritablement grâce à Facebook donc le nom Social Moov plutôt que Search Moov.

– Social Moov vend ses technologies en mode SaaS parce que mine de rien, il y a des évolutions tout le temps et télécharger des CD-Roms c’est trop compliqué.

– On achète au clic mais ce n’est pas le sujet. Cette matière première est ensuite transformée et son prix initial est donc complètement variable en fonction des objectifs finaux.

– Un réseau social, une techno. Voilà le positionnement de Social Moov car les modes de fonctionnement et les positionnements de ces différentes sociétés comme Facebook ou Twitter sont radicalement différents.


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