Portrait Rocket Fuel : Eric Clemenceau, Managing Director France
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ROCKET FUEL, ARTIFICIELLE DANS LE BON SENS DU TERME

Eric Clemenceau fait partie de ces gens sur ce marché dont les yeux pétillent quand on parle marketing digital et plus particulièrement technologie. Il n’est pourtant pas un ingénieur de formation puisqu’il y a vingt-cinq ans maintenant, il arpentait les rédactions journalistiques en quête de faits divers. Il a par contre eu une position privilégiée pour voir l’évolution de nos métiers et surtout de la montée, qualifions-la d’inexorable, du digital dans les plans de communication des annonceurs.

« … 3,8 MILLIARDS DE PROFILS, ET NON PAS D’INVIDUS, QUI SONT STOCKES DANS LES BASES DE ROCKET FUEL… »

30, LE NOMBRE D’ANNEES D’EXPERIENCE D’ERIC SUR CE MARCHE

Quand on demande à Eric depuis combien de temps il travaille dans cette industrie, sa réponse est symptomatique, 30 ans, donc depuis les années 80. Mais de quelle industrie parlons-nous alors ? Certainement pas celle du Big Data et autre technologie digitale. Eric se définit ainsi comme un homme des médias et de la communication, qui sont effectivement devenus de plus en plus digitaux. Après plusieurs années passées chez CNN notamment, il a en effet connu l’univers de plusieurs start-ups (Massive, Joost, Specific Media, …) avec des responsabilités internationales. Aujourd’hui, son territoire de jeu est hexagonal puisqu’il est à la tête de l’équipe française de Rocket Fuel, société technologique (tiens donc), d’origine californienne (ça alors), cotée au Nasdaq (champion du monde) dont le métier est d’adresser la bonne publicité, au bon moment et bien entendu à la bonne personne (ça faisait longtemps).

VALEUR AJOUTEE RATECARD : Ratecard a été lancé il y a quinze ans ce qui nous semble déjà une éternité. Deux éternités, c’est un coup à se faire appeler Highlander.

ENTRE 20 ET 40, LE NOMBRE DE FOIS PAR JOUR QUE VOUS ETES VUS PAR ROCKET FUEL

Au fil du périple de vos voyages quotidiens sur internet, Rocket Fuel vous suit. Pas de panique, elle n’identifie pas Monsieur Roger qui habite avenue Bernard Hinault à Palavas-les-Flots, mais en attendant, elle relève les compteurs et surtout les habitudes d’une certaine personne qui semble être intéressée par les promotions sur le rosé et qui a récemment acheté un barbecue. Eric précise : « Tout est collecté de manière anonyme. L’objectif final est d’améliorer l’expérience publicitaire de l’utilisateur et donc de lui proposer des offres adaptées. »

VALEUR AJOUTEE RATECARD :  Un cadeau pour votre femme et vous êtes à court d’idées ? Empruntez donc son téléphone ou son ordinateur et voyez donc quelles sont les publicités qui lui sont adressées

« … L’OBJECTIF FINAL EST D’AMELIORER L’EXPERIENCE PUBLICITAIRE DE L’UTILISATEUR ET DONC DE LUI PROPOSER DES OFFRES ADAPTEES… »

80 MILLIARDS, C’EST LE NOMBRE D’IMPRESSIONS PUBLICITAIRES QUOTIDIENNES GÉRÉES PAR ROCKET FUEL DANS LE MONDE

Eric nous explique que ce sont 3,8 milliards de profils, et non pas d’individus, qui sont stockés dans les bases de Rocket Fuel. Ce sont donc 80 milliards d’actions publicitaires que la société doit analyser, stocker et segmenter tous les jours. Et au final, ce sont ainsi 4 milliards d’opérations par seconde qui sont réalisées. Ça peut objectivement sembler un peu stratosphérique, mais quand on pense à la vitesse des résultats donnés par Google, on a envie d’y croire.

VALEUR AJOUTEE RATECARD :  En surfant sur internet, vous laissez des traces. Si comme le Petit Poucet vous le faites par peur de vous perdre, sachez qu’il existe également sur votre navigateur ue fonction «back »

« … L’ALGORITHME(…) DEVIENT QUASIMENT UNE COMMODITE. LE VRAI DEFI, C’EST LA CAPACITE A TRAITER CES DONNEES EN TEMPS REEL… »

68, C’EST EN PETAOCTETS LA TAILLE DE LA BASE DE DONNÉES DE ROCKET FUEL

Voilà pourquoi on parle de Big Data parce qu’effectivement, c’est vraiment big. Eric précise : « La vraie différence entre les différentes sociétés qui se présentent comme technologiques, ce n’est pas l’algorithme qui au final devient quasiment une commodité. Le vrai défi, c’est la capacité à traiter ces données en temps réel, donc d’aligner des rames et des rames de serveurs et surtout de les faire parler entre eux. »

VALEUR AJOUTEE RATECARD :  Pour ceux qui regardent la série Silicon Valley, nous sommes ici en plein milieu du conflit entre Monsieur Hardware alias Gilfoye et Monsieur Software alias Ben Laden. Si vous réussissez à les mettre d’accord, tenez-nous au courant. Rocket Fuel a semble-t-il trouvé la solution pour les faire travailler ensemble.

560, C’EST LE NOMBRE D’INGÉNIEURS QUI TRAVAILLENT CHEZ ROCKET FUEL

Ce qui énerve par-dessus tout Eric, c’est quand on met sa société dans le même paquet que d’autres qui comptabilisent en tout et pour tout 5,6 ingénieurs, le 0,6 tenant compte de ceux qui sont en alternance : « Soit ce sont des génies dignes de rendre jaloux un Léonard de Vinci ou un Steve Jobs, soit nous ne faisons pas le même métier. »

VALEUR AJOUTEE RATECARD : En France, que Monsieur Niel himself appelle paradis fiscal, nous bénéficions du Crédit Impôt Recherche. Nous avons donc tendance à avoir une définition assez large du principe d’ingénieur. Autrement dit, les 5,6 de la société en question doivent plutôt être véritablement 2 ou 3. Mais ils sont super forts.

+100 000, À SAVOIR LE NOMBRE DE CRITÈRES D’AJUSTEMENT POSSIBLES POUR UNE CAMPAGNE

Mais que font-ils donc tous ces PhD ? Et bien ils stockent des critères et s’assurent donc que les 4 milliards d’opérations par seconde évoquées plus haut soient effectives. « Notre technologie a la capacité de traiter en temps réel un nombre astronomique de données. Nous ne pratiquons pas le ciblage qui par définition est réducteur. Nous optimisons, sélectionnons et adaptons en permanence pour éviter au maximum la déperdition. » Eric nous explique ainsi que les meilleurs analystes du marché peuvent avec leur fichier Excel jouer sur dix critères. Contre 100 000 donc automatiquement. « Cette fonction d’optimiseur est bien évidemment vouée à disparaître rapidement. De nouveaux métiers seront créés car la dimension humaine est clé, mais certainement pas là où l’intelligence artificielle peut intervenir. »

VALEUR AJOUTEE RATECARD : Si vous avez vu le film  Imitation Gamequi relate l’histoire d’Alan Turing et la façon dont il a cassé le code Enigma pendant la seconde guerre mondiale, vous comprenez certainement ce qu’Eric veut dire. Les meilleurs spécialistes étaient présents, mais la création d’une machine apporta la solution. On ne parlait pas de publicité mais de sauver des millions de vies humaines, mais vous voyez à peu près le principe.

600 MILLIARDS DE $, C’EST LA TAILLE DU MARCHÉ PUBLICITAIRE MONDIAL

Quand on demande justement à Eric si concentrer autant d’intelligence autour simplement de la publicité n’est pas quelque part un peu du gâchis, sa réponse est formelle : « Les Etats-Unis ne sont pas les champions de la création en général mais ce sont par contre les rois du marketing.

Un produit ne connaîtra le succès que si le marketing est au rendez-vous. Et c’est alors que tout cet argent pourra être investi dans la recherche et autres causes dites plus nobles. »

VALEUR AJOUTEE RATECARD : Nous sommes ici sur un fameux coup de billard à trois bandes. La cause que je défends n’est peut-être pas la meilleure mais c’est grâce à cette action que les autres causes pourront l’être. Nous conseillons vivement à Eric de présenter son point de vue du côté de la Courneuve, à l’occasion de la Fête de l’Humanité entre le 11 et 13 septembre.

« … NOUS NE PRATIQUONS PAS LE CIBLAGE QUI PAR DEFINITION EST REDUCTEUR. NOUS OPTIMISONS, SELECTIONNONS ET ADAPTONS EN PERMANENCE… »


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