Portrait Julien Gardès, Rubicon Project
rubicon project
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Découvrez le portrait Julien Gardès.

Dans le Bon, la Brute et le Truand, Tuco dit à Blondin : “Le monde se divise en deux catégories, ceux qui passent par la porte et ceux qui passent par la fenêtre”. De nos jours, nous pensons aussi que le monde du marketing digital se divise en deux catégories : ceux qui sont là parce qu’ils pensent que c’est tendance, et les autres qui sont là tout simplement parce que ce sont des passionnés. Julien Gardès de Rubicon Project appartient sans aucune contestation possible à la seconde catégorie.

Parlez-lui RTB, AdExchange, technologie et ses yeux se mettent à briller et sa voix à trembler. Il s’enflamme pour un débat autour d’un marché qu’il trouve encore bien trop sclérosé et à côté de la plaque. Bien évidemment, nous voulions comprendre ce qui habite Julien, et nous pouvons vous le confirmer dès à présent : il aime son métier.

julien gardès rubicon

A propos, c’est quoi son activité?

Très sérieusement, Julien Gardes nous explique :

Nous sommes une plate-forme d’intermédiation technologique

Il faut brûler les hérétiques

Il n’existe selon Julien plus aucune raison pour le marché publicitaire de continuer à fonctionner à la papa avec ses cohortes de déjeuners, de bons de commandes et autres plans médias jamais respectés. Julien en vient même à parler d’hérésie quand il voit encore des ordres d’insertion qu’il préférerait voir brûler sur un bûcher plutôt que de les laisser glisser dans un fax, qui probablement se terminera de l’autre côté de la chaîne par un bourrage papier. On vous avait prévenu que Julien était un passionné.

Savoir qui achète et aussi qui aurait aimé acheter

Le calme revenu, nous reparlons technologie et modernité. Et là où ça commence à devenir carrément intéressant, c’est que pour chacune des impressions de l’éditeur, la technologie de Julien ne se contente pas de lui dire qui l’a remporté, donc qui a payé le plus cher, mais aussi qui a enchéri. Admettons que vous ayez présentement 1kg de patates. Grâce au RTB vous allez donc pouvoir le vendre patate par patate. Vous allez donc apprendre et découvrir que certaines patates auront été achetées à un prix différent des autres mais vous aurez également la liste de tous les demandeurs de patates. Vous allez donc être capable de savoir qui achète quoi pour combien mais aussi qui est prêt à acheter quoi.

J’en voudrais une tonne s’il vous plaît

Dans une certaine mesure, si un enchérisseur perdait systématiquement, on pourrait imaginer que l’intérêt du vendeur (vous en tant que vendeur de patates dans notre exemple) est limité. Mais que nenni nous précise Julien, car c’est alors que l’on peut établir des accords privés rentables à partir des données de la plateforme de Rubicon. Admettons que Monsieur Vandenbroucq,  spécialiste en frites, veuille acheter une tonne de patates mais que son prix unitaire, indexé sur le volume, soit systématiquement inférieur à l’enchère la plus forte. Plutôt que de laisser filer ses frites, il va être possible de traiter directement avec l’acheteur en question pour s’assurer que sur une période donnée il pourra effectivement repartir avec la tonne demandée. Nous arrivons donc à des ventes par blocs.

Il faut avoir une approche holistique. #CestPasFaux

Ce n’est pas parce qu’on fait de la purée que l’on peut avoir le beurre et aussi le volcan pour mettre de la sauce dedans. Les éditeurs ont longtemps fonctionné avec des minimums garantis de type vente en gros. Pour Julien, même si ces accords pouvaient être le gage d’une certaine tranquillité pour les éditeurs, ce temps doit être révolu car il n’est plus logique pour un vendeur de sacrifier de la marge au profit de ce type d’intermédiaires. “Nous mettons à leur disposition ce qui va automatiquement faire les arbitrages. Certains paramétrages sont à effectuer et notre métier est aussi de les accompagner.” Autrement dit, vendre en gros à Monsieur Vandenbroucq le fabricant de purée, c’est très SPP et 2.0, mais vendre en gros à quelqu’un qui alors fera affaire avec notre ami belge, c’est nettement moins RTB-like. Après, faut voir le prix.

Tous les formats sur tous les appareils

Qui donc aujourd’hui ne s’intéresse qu’aux patates ? Il faut bien évidemment être capable avec la même plateforme d’acheter tous les ingrédients de la salade niçoise sans avoir à déambuler dans toutes les allées du marché. La promesse de Rubicon est aujourd’hui la suivante : any device, any format. Du bandeau à la vidéo en passant par l’habillage, le vendeur doit ou devra être capables d’optimiser son stock et ses ventes et ce, qu’elles aient lieu via un ordinateur, une tablette, un téléphone, une télévision. Cela ne nous dit toujours pas comment les patates feront pour passer dans un fax mais ça commence quand même à s’éclaircir. Sous forme de chips, peut-être?

De l’argent en veux-tu en voilà

Qu’est-ce qui différencie vraiment Rubicon de ses concurrents? Julien nous dit alors que Rubicon est sur le marché depuis 2007, ce qui fait tout de même six ans et comme une année dans le monde digital est équivalente à celle d’un chat on vous laisse faire le calcul. Il nous affirme également que le marché est actuellement inondé d’argent de capitaux-risqueurs qui investissent dans des boutiques dont le business model reste somme toute à prouver, mais qui en attendant alimentent le côté un peu fou fou du marché. Dit-il cela parce que nous sommes à Dmexco et que les stands sont tous plus grands les uns que les autres ? Sa réponse est claire : même aux Etats-Unis, il n’y pas d’équivalent.

 


Ce qu’il faut retenir :

  • le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent
  • les ordres d’insertion version papier font un excellent combustible
  • Rubicon permet à chaque vendeur d’optimiser automatiquement ses canaux de vente
  • cette technologie permet aussi de connaître précisément qui achète impression par impression mais aussi qui aurait souhaité acheter chacune de ces impressions
  • l’achat à l’unité ne bloque en aucun cas les accords globaux
  • un gros tout c’est mieux que plein de petits pas grand-chose, c’est ce qu’on appelle une approche holistique
  • tous les formats passent par Rubicon et ce pour n’importe quel appareil ou système
  • il y a beaucoup d’argent sur le marché mais seuls ceux qui apportent une véritable valeur ajoutée survivront. Et c’est César qui vous le dit, pas le chien de la pub, mais bien celui qui avait franchi la fameuse rivière

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