Portrait AOL : David Shing, Digital Prophet
David Shing, AOL
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Portrait AOL : David Shing, Digital Prophet

SYMPATHY FOR THE PROPHET

Nous avons eu le plaisir et le privilège de rencontrer pendant une heure au iMedia Summit 2016 de Biarritz, David Shing, Digital Prophet chez AOL. David Shing, c’est le monsieur qui se coiffe avec un pétard comme on aurait dit dans les années 80 et qui aussi truste les keynotes des événements mondiaux les plus prestigieux, de Dmexco à Cannes en passant donc par Biarritz. Nous avons donc bien évidemment voulu en savoir plus sur sa coupe de cheveux, son rôle de prophète mais aussi sa vision sur ce marché du marketing digital qui ne manquera jamais de nous surprendre.

THE HEAD ON THE DOOR

Dès le début de rencontre, je décidais de briser la glace : « t’as le look coco ? ». David Shing ne parlant pas français, ma référence musicale tomba à l’eau ce qui avec une question aussi bateau le concernant ne devait pas manquer d’arriver. Si l’on devait résumer la situation, David Shing n’est pas spécialement un fan de The Cure mais c’est sa sœur coiffeuse qui l’a initié à la science capillaire. Il me précise également qu’ils sont une fratrie de dix et j’évite alors de lui demander ce qu’ils font comme métier de peur découvrir ce qu’il se passerait si l’un de ses frères était boucher. On aurait pu aussi évoquer les lunettes à la Bono et le costume bariolé mais l’on va finalement retenir l’essentiel. David Shing s’est construit un personnage, Shingy, et il l’incarne tellement bien qu’il n’en sort finalement quasi jamais. Le Monsieur est ultra pro, corporate comme on dit mais on a beau chercher, ce n’est malgré tout pas le genre de personnalités auxquelles nous sommes habitués dans notre environnement qui mélange business et technologique. Il va donc falloir creuser.

… DAVID SHING ÉDITE AUSSI SA PROPRE REVUE. ELLE PRÉSENTE DIFFÉRENTS CAS DE CRÉATIVITÉ DANS LA PUBLICITÉ DIGITALE ET S’APPELLE TOUT SIMPLEMENT SHINGER …

BAUHAUS

David Shing est un créatif avec une formation initiale de designer. Il a souvent les yeux dans le vague au cours de nos discussions. On se demande alors encore une fois s’il joue un rôle ou même s’il s’ennuie, mais on sent aussi que les idées lui viennent aussi vite que d’autres des lignes de code. Il faut alors rendre à Moïse ce qui appartient au prophète, la première question, avant même celle relative à ses chaussures, vint de lui. Il est curieux et se demande donc ce qu’est Ratecard. Je ne sais pas si je dois me vexer sur le mode « d’où il ne connaît pas notre magazine alors que franchement c’est quand même super connu des gens qui connaissent » ou si je dois plus simplement remarquer qu’il a vraiment l’air de s’intéresser à ce que l’on fait. Je lui parle alors de la notion de calembour dans le marketing digital pour que l’on finisse par en conclure que nous croyons tous deux en la force des magazines puisque David Shing édite aussi sa propre revue. Elle présente différents cas de créativité dans la publicité digitale et s’appelle tout simplement Shinger. Ne vous étonnez pas alors si un jour notre magazine Ratecard était rebaptisé Fredo même si cela sonnerait peut-être un peu trop presse spécialisée.

David Shing

 … DAVID SHING A ÉTÉ RECRUTÉ POUR APPORTER CETTE TOUCHE NON SEULEMENT CRÉATIVE MAIS AUSSI VISIONNAIRE …

TECHNO PARADE

Pourquoi et même comment un gars qui a l’air aussi barré, ou disons simplement différent histoire de faire un peu dans la nuance, peut-il travailler pour une société aussi corporate qu’AOL ? Pour revenir aux sources, David Shing est australien et il baigne donc naturellement dans cet univers anglo-saxon qui ne fait pas nécessairement rimer créativité avec problème de personnalité. Si en France écrire des poèmes est une occupation honorable, elle le devient nettement moins dès lors qu’elle deviendrait mercantile. Depuis ses débuts chez AOL en Europe, David Shing a été recruté pour apporter cette touche non seulement créative mais aussi visionnaire. A partir de là, le métier de David Shing est de raconter des histoires, d’expliquer comment les marques annonceurs peuvent aller à la rencontre de celles que porte le groupe AOL.

Cet univers est fait pour se parler, pour se rencontrer. Il choisit alors l’exemple de la création, le fameux content marketing. Qui mieux qu’une société dont le cœur de métier est de proposer du contenu à son audience peut offrir à des marques des dispositifs non seulement créatifs mais aussi parfaitement intégrés dans l’univers des éditeurs ? Il considère également que ce flot d’intermédiaires souvent technologiques mais aussi serviciels est au mieux superflu. Il s’agit de moyens et certainement pas d’une fin en soi. David Shing fut d’ailleurs surpris quand nous déambulions dans les couloirs du iMedia Summit de ne découvrir que des technologies.

DEVIL INSIDE

David Shing raconte donc des histoires aux annonceurs, non pas comme avec les enfants dans le but de les endormir, mais pour les faire rêver avec comme objectif de leur présenter le champ du possible. Pour gagner en crédibilité, il lui fallait donc un titre digne de ce nom. Et pourquoi pas Digital Prophet ? Soyons honnêtes, la première fois que j’en ai entendu parler, cela m’a fait immédiatement penser à ces CEO de boîtes de trois personnes qui se prennent au sérieux. J’évoque donc ma méfiance auprès de David qui me répond très simplement :  « Mes équivalents dans les grandes structures que vous connaissez se nomment Chief Evangelist. »

David Shing

L’argument tient effectivement. Faites une recherche dans Linkedin avec Chief Evangelist et vous verrez toute une série de personnes (2411) dont le métier consiste semble-t-il à expliquer ce qu’ils font. Faites de même avec Digital Prophet, et vous n’en trouverez finalement qu’un véritablement sérieux au milieu des 28 réponses.

 … LE MÉTIER DE DAVID SHING EST DE RACONTER DES HISTOIRES, D’EXPLIQUER COMMENT LES MARQUES ANNONCEURS PEUVENT ALLER À LA RENCONTRE DE CELLES QUE PORTE LE GROUPE AOL …

PERSONAL JESUS

Il n’existe qu’un seul prophète dans le secteur du marketing digital et c’est donc avec une certaine émotion que j’ai mis fin à cet entretien. Peut-être aurais-je dû lui demander quelques reliques mais j’ai finalement préféré retenir une seule chose : cet univers nous permet de faire des rencontres souvent stéréotypées et celle-ci n’en fut pas une. On ne sait plus au final ce qui est du ressort du personnage et donc du marketing mais ce n’est finalement pas bien important. J’aime à penser que l’acteur qui incarne Tyrion Lannister dans Game of Thrones n’existe pas. Les off et autres secrets de tournages ne m’ont jamais intéressé. Il en va de même pour des personnalités comme David Shing. J’aime le penser chez lui en train de se maquiller et réfléchir à la vie plutôt que de l’imaginer en survêtement – claquettes à regarder un match de foot avec une bière à la main. Donnons-lui cette crédibilité et écoutons alors ses prophéties, il sera alors largement temps à l’avenir de juger sur pièce, un peu comme avec les agences de notation ou les instituts de sondage qui comme on le sait ne se trompent jamais.

David Shing

 

 


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