Le Portrait The Moneytizer : Augustin Ory, CEO
The Moneytizer Augustin Ory
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C’est avec une certaine émotion que nous nous rendons mardi 17 février du côté de la Porte de Saint-Cloud. Et si l’écharpe est de rigueur, c’est non pas à cause du froid, mais parce que The match contre Chelsea débutera dans quelques heures. En attendant 20h45, nous retrouvons avec Augustin Ory, le CEO de The Moneytizer dont les bureaux sont justement à deux pas de l’entrée du Parc des Princes côté Francis Borelli. Nous n’allons pas parler football mais bien évidemment marketing digital car même un jour de 1/8ème de finale de Ligue des Champions « il faut savoir raison garder » comme dirait un entraineur de CFA. Revenons à nos moutons digitaux.

Service gagnant

Augustin est un vieux de la vieille puisque dès début 2004, nous nous étions rencontrés alors qu’il lançait ce qui allait devenir une régie à succès, Horyzon Média. Comme son nom, Horyzon pour Ory, son concept était simple : devenir une régie des marques en proposant un service sur mesure à quelques éditeurs premium dont le cœur de métier n’était pas nécessairement la publicité. C’est ainsi qu’il commença à travailler par exemple avec CDiscount. Déjà obsédé que j’étais par la technologie, je ne croyais pas à son projet basé essentiellement sur du service en me demandant bien quelle valeur ajoutée il pourrait apporter. J’avais bien évidemment tort puisque comme chacun sait, peu importe l’idée, ce qui compte c’est son exécution, comme on dit dans les prisons américaines. la revente au groupe Pages Jaunes (devenu Solocal) est intervenue en 2007. Augustin quitta la société qui est aujourd’hui dirigée par l’ancien président du Sri, eric Aderdor, qui fut lui-même le premier associé chez Horyzon dès 2005.

the moneytizer

Un génie sans bouillir

Après cette expérience réussie, Augustin se sentit une âme de patron de presse digitale. Il commença alors à investir dans différents supports. le succès fut somme toute mitigé puisqu’après quelques années, il en conclut qu’à force de prendre des petites claques il prenait le risque de recevoir une grosse baffe qui le mettrait par terre. il fallait donc trouver un modèle, non pas top qui évidemment le ruinerait, mais économiquement rentable. Il se posa entre quatre yeux et pris une décision sage : arrêter de chercher l’idée de génie puisqu’il n’en est pas un, c’est lui qui nous l’a dit, et plutôt démarrer à partir de ce qu’il connaît.

« Et si je me mettais au service des éditeurs ? ». La révolution était en marche et elle n’allait plus s’arrêter pour Augustin Ory, associé pour l’occasion à Cyril Clément (ex Directeur du développement chez Lagardère Active). Le programmatique a fait son entrée dans notre marché depuis quelques années et voilà donc qu’Augustin allait devenir avec The Moneytizer, la société qui permet aux éditeurs de taille modeste de profiter financièrement de cette nouvelle vague.

« … THE MONEYTIZER TRAVAILLE AVEC PLUS DE 900 SITES ET SON OBJECTIF EST DE PASSER A 1600 D’ICI LE MOIS DE JUIN … »

La longue traine (long tail in english)

La long tail, ce sont ces personnes qui poireautent dans le froid et qui ne peuvent pas rentrer dans la boîte de nuit de leurs rêves. en attendant, ils n’ont pas encore abandonné l’idée d’aller danser au Macumba. Et ils sont nombreux ces gens de la longue Traine. « Mon travail commence à la page 6 de google ». Mais encore ? « Les premières pages de recherche autour de la très grande majorité des thèmes sont logiquement trustées par ce qu’on appelle des éditeurs premium. En attendant, si vous et moi nous rendons effectivement sur ces sites de qualité, il nous arrive aussi régulièrement de visiter des pages sur des sujets de niche. Ce sont mes éditeurs, mes fournisseurs de contenus, ceux à qui je rends service. »

Schématiquement, Augustin a pris le positionnement exactement inverse de sa société précédente qui rappelons-nous travaillait avec exclusivement des grandes marques. Les pages 1 à 5 de google restent donc la chasse gardée des ventes en direct quand l’infinité des abysses des profondeurs des autres pages devient le terrain de chasse des équipes d’Augustin.

Label Rouge

« Je ne voulais plus connaître le stress de dépendre de cinq ou six éditeurs. nous pouvions rendre un excellent service et néanmoins les perdre du jour au lendemain pour des raisons complètement indépendantes de la qualité de notre travail. » Aujourd’hui, The Moneytizer travaille avec plus de 900 sites et son objectif est de passer à 1600 d’ici le mois de juin. Comment les recrute-t-il ? « A l’ancienne ! On leur envoie des emails, on leur téléphone et ensuite on les convainc a minima de nous tester. Ensuite c’est le résultat qui compte et comme nos éditeurs touchent souvent au moins 30% en plus, ils nous suivent et le font savoir. » Mais la qualité est aussi au rendez-vous car vendre des produits défectueux, même en petite
quantité, n’a jamais été un modèle pérenne. Pour Augustin, un passionné de planche à voile en connaîtra souvent au moins autant qu’un journaliste d’un grand quotidien. « Nous ne sélectionnons que des sites que nous serions nous-mêmes susceptibles de visiter. »

« … NOUS NE SÉLECTIONNONS QUE DES SITES QUE NOUS SERIONS NOUS-MÊMES SUSCEPTIBLES DE VISITER … »
« … NOUS DONNONS A CES ÉDITEURS LA POSSIBILITÉ DE METTRE EN COMPÉTITION AUTOMATIQUEMENT LES DIFFÉRENTS ACTEURS DU PROGRAMMATIQUE … »

Un guichet unique

Mais quel est donc ce service magique qu’Augustin et son associé Cyril réussissent à rendre à ces éditeurs de niches ? Pour le professionnel du marketing digital que vous êtes puisque vous nous lisez, comprendre de quoi il retourne dans l’univers du programmatique est digne de Game of Thrones. Si vous avez raté un épisode, vous vous demandez quel est donc ce nouvel acteur qui semble avoir tout compris.

Imaginez alors la scène pour notre éditeur spécialisé dans les niches éco-responsables dont la passion est de se renseigner sur les matériaux équitables. SSP, DSP, DMP et compagnie sont autant de barbarismes dignes des spectres venus dont on ne sait où. L’éditeur de la «long tail» préfère ne pas savoir et plutôt s’intéresser à son sujet préféré, et accessoirement au chèque que lui fait The Moneytizer à la fin du mois. «Nous donnons à ces éditeurs la possibilité de mettre en compétition automatiquement les différents acteurs du programmatique que peuvent être rubicon, Google et tous les autres. nous leurs donnons également accès aux formats innovants comme l’habillage, la vidéo ou le native normalement réservés aux éditeurs premium. » Et tout cela se fait bien évidemment grâce une technologie maison qui fait office d’aiguilleur et de sélectionneur du meilleur fournisseur, autrement dit celui qui proposera pour chaque impression la meilleure rémunération.

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Le grand Bleu

le modèle est simple et rencontre le succès, mais comment Augustin fait-il pour financer tout cela ? Quand il a décidé de replonger dans le marketing digital, c’était façon Jean reno dans Le Grand Bleu, à savoir sans assistance respiratoire. En effet, le lancement de The Moneytizer a été effectué maintenant depuis un an sur fonds propres.

Et quand on lui parle levée, les fonds doivent bien évidemment être grands puisque cela serait dans le but de traverser tous les océans. Il évoque alors un tour de plusieurs millions d’euros qui pourrait intervenir mais pas avant un an. « notre modèle fonctionne et nous pouvons parfaitement imaginer une société qui ferait au travers d’une quinzaine de pays entre 100 et 150 millions de chiffre d’affaires dans quelques années, en nous appuyant notamment sur les accords internationaux que nous avons passé avec tous nos fournisseurs de solutions. » Par contre, cela se fera depuis la France parce qu’Augustin a la fibre patriotique même s’il a passé entre 2009 et 2010 une année dans la Silicon Valley. il veut croire au fantasme de tous les entrepreneurs français : réussir depuis son pays et y rester ! et pourquoi pas une statue tant qu’on y est ?

« …TAUX DE RÉGIE ? ENTRE 22 ET 27% QUAND D’AUTRES APPLIQUENT SOUVENT 35%… »

Des chiffres et des chiffres

Avec Augustin, et c’est là aussi que l’on sait que c’est un véritable entrepreneur, on peut parler chiffres sans que cela tourne au concours de boîtes ou pire encore au secret défense. L’objectif de chiffre d’affaires pour 2015 est de 1,8 M€ et avec un mois de décembre 2014 à 80K€, tout porte à croire que celui-ci sera atteint. Son taux de régie ? entre 22 et 27% quand d’autres appliquent souvent 35%. Son salaire en 2014 ? Identique à celui de 2010, 2011, 2012 et 2013, à savoir 0€, bien évidemment corrigé avec les données saisonnières et autre inflation.

« … THE MONEYTIZER DEVIENT UN GUICHET UNIQUE POUR TOUS LES REVENUS DE CES EDITEURS LIES AU PROGRAMMATIQUE … »

Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à lui demander. Augustin part du principe que la transparence doit s’appliquer à tous les étages, de la qualité de son inventaire à sa conduite d’entreprise.


Le Portrait The Moneytizer Augustin Ory, ce qu’il faut retenir :

  • Augustion Ory avait la régie Horyzon Media avec du Ory dedans en 2004 avant de la céder au groupe SoLocal en 2007
  • En 2014, après une vision commune avec Cyril Clément, il est revenu à ses premiers amours, la vente de publicité, après avoir expérimenté le développement de sites divers et multiples
  • Son nouveau service s’adresse aux éditeurs dits « long tail », ou non premium : non pas pour la qualité de leur contenu mais du fait de leur extrême spécialisation qui rend par définition leur audience plus confidentielle
  • The Moneytizer devient un guichet unique pour tous les revenus de ces éditeurs liés au programmatique
  • La société travaille sur fonds propres mais n’exclut pas une levée de fonds importante fin 2015 pour développer l’international

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