Le Portrait Outbrain : Franck Monsauret, Directeur Général France
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Le Portrait Outbrain : Franck Monsauret, Directeur Général France

La société Outbrain vient d’emménager dans de nouveaux locaux. Dans notre secteur, nous avons cette chance que la croissance aidant, déménagement rime souvent avec embellissement. L’adresse est prestigieuse, rue du Faubourg Saint-Honoré, et une fois le tour du patrimoine effectué, nous décidons d’aller nous rafraîchir dans le troquet du coin, le Royal Monceau. Mais quel est donc le secret de la réussite de cette boutique qui en quelques années est passée d’une start-up américaine comme il en existe tant d’autres à une de ces sociétés désormais implantée aux quatre coins de la planète ?

Cap pour le capitaine

Pour comprendre tout cela, nous avons donc rencontré son directeur général France, Franck Monsauret. Si nous avons aimé pointer du doigt le côté clinquant du nouveau terrain de jeu d’Outbrain, c’est que Franck est justement tout le contraire. le garçon est posé, sérieux, et même à l’opposé de l’image que nous pouvions avoir encore il y a quelques années du vendeur de bandeaux pour qui le terme pixel était déjà trop technique. L’équipe française est composée d’une petite trentaine de personnes et plusieurs recrutements sont ouverts. Franck mène cette barque de manière très sereine. Déjà parce qu’il croit beaucoup à la valeur ajoutée de ce qu’ils proposent, mais aussi parce ce qu’il a le sentiment d’appartenir à une entreprise qui ne fait pas la girouette. « J’ai rejoint Outbrain en 2011 et notre positionnement n’a pas changé. Je n’ai pas eu à faire plusieurs fois le tour du marché pour expliquer que nous devenions maraîchers alors que nous étions encore poissonniers le trimestre précédent ». Mais quel est donc ce positionnement ?

« …AUPARAVANT, LES ÉDITEURS SE CONTENTAIENT DE SUGGÉRER DES ARTICLES AYANT UN RAPPORT DIRECT AVEC LE THÈME DE L’ARTICLE. DÉSORMAIS, NOUS SOMMES CAPABLES POUR CHAQUE INTERNAUTE DE LUI SOUMETTRE DES SUJETS EN RAPPORT SES CENTRES D’INTÉRÊTS … »

franck montsauret

Infinité quand tu nous retiens

En tant qu’utilisateur du web, cela vous arrive probablement régulièrement entre deux vidéos de lire un article de fond sur la reproduction des baleines en environnement hostile par exemple. Comme tout a une fin, vous arrivez donc au fameux pied de page. Quand il s’agit d’un livre, vous tombez au mieux sur des notes bibliographiques indigestes et au pire sur un espace vide proche du néant absolu. Sur internet c’est différent car le pied de page se trouve un peu où on a envie, Vu que la longueur de la page peut être infinie comme le mouvement perpétuel d’une vis sans fin qui tournerait en boucle sur une toupie dans un satellite. et c’est là qu’intervient Outbrain. « Quand le lecteur a terminé son article, notre métier est de lui proposer de nouveaux contenus. Auparavant, les éditeurs se contentaient de suggérer des articles ayant un rapport direct avec le thème de l’article. désormais, nous sommes capables pour chaque internaute de lui soumettre des sujets en rapport avec ses centres d’intérêts ».

« …CE QUE NOUS PROPOSONS À UN ÉDITEUR C’EST DE LE RÉMUNÉRER QUAND LE VISITEUR QUITTE SON CONTENU … »

Demi d’ouverture

Après cette explication, mon cerveau me dit que tout de même, les éditeurs, ils auraient pu faire un effort. Se contenter de proposer des articles sur Zlatan en bas d’un article sur le PSG, alors que deux ou trois liens vers des sujets bien sentis auraient fait l’affaire, me semble tout de même dans la mesure du raisonnable. Et c’est là que le coup de génie intervient et c’est généralement dans ce cas-là qu’on se demande encore pourquoi nous n’y avons pas pensé nous-mêmes. Franck prend la parole : « l’idée est venue au fondateur d’Outbrain quand il lisait un magazine. Il aimait passer d’un article sur un acteur qu’il apprécie pour ensuite découvrir un nouveau gadget technologique et enfin mieux connaître sa prochaine destination de voyages. » Mais c’est bien sûr! Ce n’est pas en lisant l’Équipe que nous allons effectivement savoir ce que devient Jean Dujardin. Et voilà comment sont nés les liens de pieds d’articles qui renvoient vers d’autres sites.

outbrain équipe france

Home sweet home

Dans un premier temps, la mission d’Outbrain se concentrait sur une optimisation au service de l’éditeur lui-même. Et la bonne nouvelle, c’est que les échanges entre soi, c’est gratuit. « Notre objectif est de multiplier par deux ou trois les taux de clics sur les liens en pied de page. On augmente ainsi de manière significative le nombre de pages vues par un même visiteur. » Comme tout cela est orchestré internaute par internaute, le système ajuste au fil de l’eau les recommandations. La boucle est bouclée et le lecteur peut alors se retrouver dans un tourbillon sans fin semblable à un cercle vertueux de rayon infini. ceci étant, les tours sur soi-même, ça finit toujours par donner mal au cœur. Bienvenue alors au partage de contenus entre éditeurs de bonne compagnie.

Indépendance quand tu nous tiens

C’est toujours surprenant quand on lit un article sur le Monde.fr par exemple d’y voir également des liens vers d’autres sites d’actualité. Quand on sait en plus que la personne qui a développé le système, outbrain en l’occurrence, est rémunérée, on se dit effectivement que la chaîne de valeur dans le monde du digital est quelque peu troublante. Franck Monsauret précise : « on peut aimer, adorer même un site, on finira quoi qu’il en soit par en sortir. Ce que nous proposons à un éditeur c’est de le rémunérer quand le visiteur quitte son contenu. » Faire payer à la sortie, voilà le nouveau business model gagnant, un peu comme sur les autoroutes. « N’oublions pas que toute une partie du trafic des éditeurs provient des moteurs de recherches. Cette acquisition peut en plus être payante avec les annonces publicitaires. il s’agit par conséquent pour les éditeurs partenaires de diversifier leurs sources de trafic. » au final, Outbrain s’est lancé sur le principe d’une place de marché éditeurs. Je choisis les personnes avec qui je veux travailler. Les fameuses white listes et black listes sont de sortie, même si on se demande bien pourquoi le MRAP n’est pas encore intervenu sur le sujet, et le site profite ainsi d’une visibilité accrue et accessoirement de revenus.

 

Mobile, mobile et mobile

Et n’oublions pas le mobile. Parce que sur un ordinateur, quand on lit un article, notre concentration peut facilement passer du coq au bourricot parce que notre regard se sera perdu sur un habillage, une colonne de droite bien garnie, ou un site habillé façon sapin de Noël. Alors que sur mobile, l’attention reste parfaite vue que la largeur de l’écran correspond plutôt plus que moins à celle de l’article. on arrive en bas et bingo on tombe sur les fameuses suggestions du chef. « Nous avons le format idéal pour la navigation sur mobile. Nous sommes complètement légitimes. » Dit ainsi, cela semble effectivement parfaitement évident. Je félicite Franck Monsauret et lui dis alors que j’ai tout compris. L’addition s’il vous plaît, merci et au revoir. Il me regarde alors en me demandant gentiment si je procède toujours de cette façon en abordant les sujets à moitié. Ma surprise est totale, je m’interloque et lui demande des précisions. La réponse est limpide : « Et les annonceurs dans tout cela ? Nous avons développé une solution particulièrement efficace pour les éditeurs mais qui l’est tout autant pour les annonceurs. » Je me rassois et commande la même chose.

Distribution is Queen (Freddie Mercury)

Depuis quelques années, nous entendons parler et parlons même beaucoup de brand content. Les marques, pour se montrer moins agressives et plus pédagogiques nous proposent donc des contenus. Après l’époque « les produits laitiers sont nos amis pour la vie », les producteurs nous proposent désormais des recettes de cuisine. « Tous ces contenus sont souvent intéressants et pertinents, nous explique Franck Monsauret, mais qu’en est-il de leur distribution ? » Effectivement, c’est bien sympa d’avoir créé les meilleurs roulements à billes de l’histoire des patins à roulettes, mais si aucun vendeur de chez Decathlon n’est là pour en vanter les mérites, à quoi bon ? Et voilà que outbrain propose aux annonceurs une plate-forme de distribution de contenus disponible à partir des espaces des éditeurs les plus prestigieux. Un exemple ? « Areva est un acteur clé dans le nucléaire et le débat sur ce sujet est particulièrement intense. Les internautes intéressés ne se rendront pas naturellement sur le site de l’industriel pour connaître son point de vue. Alors qu’un lien au pied d’un article sur ce sujet qui pointerait vers un contenu présentant le point de vue d’Areva aurait toutes ses chances d’être cliqué. »

outbrain

Billard à trois bandes

Le principe devient encore plus subtil quand le contenu est non pas produit par la marque mais par un tiers de confiance. Prenons l’exemple d’une marque de voitures. Un journaliste intègre et déontologue de formation est invité pendant quelques jours au Maroc pour tester la dernière citadine du producteur en question, car bien évidemment, Marrakech s’imposait pour valider la conduite en environnement embouteillé. A son retour, il écrit un article vantant les mérites de la fameuse deux portes tout en pointant du doigt le côté somme toute inconfortable du son du clignotant qui, effectivement, peut provoquer en cas de fortes chaleurs, stress et inquiétude sur autoroute. La marque automobile en question, ravie du compte-rendu, tout en regrettant l’incident clignotesque, en conclut la chose suivante : invitons nos futurs éventuels clients à lire la diatribe en question. et voilà comment le contenu, le fameux brand content 2.0 aura été trouvé. Une fois créé, ce contenu ne demande plus qu’à être lu par ces fameux intentionnistes autos emprunts de doute. Un article sur le périphérique et un pied de page plus tard, Outbrain recommande au lecteur de venir pointer son curseur sur le sujet en question.

« …OUTBRAIN PERMET À UN ÉDITEUR DE DIMINUER SA DÉPENDANCE AUX MOTEURS DE RECHERCHES … »

Clarté et pragmatisme

Pour conclure, parce qu’il est toujours temps de conclure quand le serveur se demande combien de temps vous allez encore rester rapport à l’heure de fermeture, on peut se dire que les gars d’Outbrain sont particulièrement ingénieux. A l’heure où nous ne pouvons plus nous arrêter de parler data, technologie et compagnie, ils réussissent à proposer une solution qui côté éditeur non seulement leur donne l’autonomie et optimise leurs navigations mais en plus leur procure des revenus semble-t-il substantiels. de l’autre côté, annonceur donc, nous avons été impressionnés par la dimension pragmatique de la proposition de valeur. Vous avez du contenu et vous avez bien raison d’en avoir car le temps de la démonstration publicitaire simpliste est définitivement révolu, et bien nous allons vous proposer de le distribuer et donc de nous assurer qu’il sera vu et peut-être même partagé. Au final, Outbrain fait partie de ces idées que vous auriez aimé avoir eu et Franck Monsauret de ces personnes que vous aimeriez un jour avoir à vos côtés. Tout simplement.


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