Fiche de lecture, Pierre Calmard, L’homme à venir, Editions Télémaque, 2015
Pierre Calmard L'homme à venir
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Fiche de Lecture, Pierre Calmard, L’homme à venir, Editions Télémaque, 2015

Quand nous étions petits, une fiche de lecture consistait en un résumé que l’on devait donner à notre professeur qui grosso modo racontait ce qu’il se passait dans un bouquin qu’on avait plus ou moins lu. Résumer L’Homme à venir de Pierre Calmard n’a aucun intérêt puisqu’il le fait lui-même parfaitement, en proposant pour chacun des quatre chapitres une introduction sur le mode « voilà ce que vous allez lire » et une conclusion « voilà ce qu’il faut retenir ». Donc pas de résumé made in Ratecard, d’autant plus qu’il y a déjà des blagues illustrées un peu partout…

Quand nous étions moyens, nous faisions des fiches. On lisait des bouquins et on prenait des notes à propos de ce qui nous paraissait pertinent. Pour le livre de Pierre Calmard, c’est schématiquement ce que j’ai fait, à savoir noter dans la marge les passages qui me parlaient ou m’interloquaient. Est-ce que Pierre aurait souhaité que je mette en avant  ces passages-là? Aucune idée. Est-ce que ce petit tout est cohérent ? Certainement pas. Est-ce que cela vous donnera envie de lire le livre ? J’espère bien que oui…

Maintenant que nous sommes grands, nous sommes absorbés dans notre quotidien, et nous ne prenons plus assez le temps de lire. Vous dire que L’Homme à venir se lit comme un Oui-Oui serait franchement mentir. Pour être honnête, il y a même des passages qui sont restés obscurs pour moi. Par contre, ce que j’ai envie de retenir, c’est l’optimisme qui se dégage de cet essai. Le monsieur est heureux, et il a envie de nous donner non pas une recette mais des clés pour comprendre la situation digitale, et surtout en déduire des solutions, des tendances pour partir à la quête de ce bonheur. Rien que pour cela, et par les temps qui galopent, cela vaut le coup de lire ce livre.

7 CLÉS SUR L’AVENIR DE L’HOMME

La révolution digitale est brutale. Elle sacrifiera des peuples entiers et laissera derrière elle l’immense majorité des hommes et de la planète. (page 14)

Cette mutation s’est faite en un temps record. Le téléphone mobile s’est diffusé plus rapidement en dix ans que le téléphone fixe en cent ans. (page 21)

Les ancêtres de l’homme moderne ne peignaient pas de visages dans les grottes, aujourd’hui, les jeunes postent des centaines de photographies d’eux-mêmes. (page 23)

L’ontophanie numérique ne se substitue pas à une ontologie sensible, elle s’y juxtapose. (page 30) #CestPasFaux

Une féminisation de l’économie digitale pourrait permettre l’éclosion d’une ère nouvelle, en faisant baisser le taux de testostérone dans l’équation. (page 40)

Ce qui importe pour un nantais guitariste amateur de mangas, de champignons, de films d’anticipation et de basket-ball, c’est sa condition, ses passions, non son lieu d’habitation. (page 45)

Le consommateur est heureux de retrouver automatiquement les produits qui l’intéressent lui personnellement (…) mais dans le même temps, il s’insurge d’être ciblé par une publicité. (page 49)

Innover sans sacrifier l’authenticité, c’est là tout l’enjeu des marques. (page 50)

 

7 CLÉS SUR L’AVENIR DE LA COMMUNICATION

Tout porte à croire que la communication digitale est beaucoup plus efficace. (page 64)

De nombreuses études démontrent qu’un monde dont disparaîtrait toute publicité serait perçu terne, morose, monotone. (page 67)

Pour survivre, les médias acceptent l’intrusion subtile des marques dans leurs contenus. (page 69)

Ces technologies qui se nomment Rocket Fuel, RadiumOne ou Quantcast ont été inventées par des ex-employés de la NASA ou des centres de recherche de la Défense américaine. (page 76)

Cet écosystème nouveau révolutionne les métiers de la communication. (…) et fait dépendre les marques des plateformes technologiques, bien plus étroitement qu’elles s’appuyaient sur les médias. (page 77)

Une nouvelle catégorie d’acteurs participe ainsi à la gouvernance implicite de la planète : les ingénieurs et les codeurs. (page 81)

Qui devient l’émetteur, qui est le dépositaire de l’autorité éditoriale : le journaliste intuitu personaeou le média ? (page 88)

La révolution de la communication est ainsi à la base d’une révolution beaucoup plus globale. Elle fait muter l’être humain, en modifiant considérablement les possibilités d’échanges de l’information. (page 102)

7 CLÉS SUR LA LIBERTÉ COMME HORIZON

La liberté constitue une dynamique. (page 119)

Le digital produit un double mouvement : il libère l’être humain qui dispose des technologies pour muter en homme à venir, et réduit en prisonnier celui qui n’y a pas accès. (page 124)

Face à cette explosion de communication, l’être humain doit se donner les moyens intellectuels de créer les conditions d’épanouissement de sa faculté de jugement. (page 127)

La simple conscience qu’il existe un monde digital plein de ressources, puissant et décuplant les potentialités humaines, complexifie grandement la possibilité d’en rester à l’écart. (page 134)

L’être humain n’a plus d’autre choix que de se voir s’étaler, potentiellement, les éléments de sa vie qu’il aura choisi de mettre en ligne, ou que d’autres auront choisi de révéler. (page 138)

Les plateformes digitales influencent jusqu’au langage, puisqu’avec Twitter, la norme des 140 caractères oblige l’être humain à remodeler son mode d’expression. (page 142)

Grâce à Internet, (…) les contestataires d’un très grand nombre de pays trouvent les moyens d’exercer des pressions coordonnées. (page 144)

Le seul garde-fou, le bouclier ultime de la résistance humaine, restera l’individu lui-même. (page 148)

7 CLÉS SUR LE BONHEUR, ICI ET MAINTENANT

Sorti de la nécessité de survivre, il parait impossible de rechercher autre chose que le bonheur. (page 161)

Paradoxalement, c’est le ventre plein et le compte en banque bien garni que l’être humain semble péricliter. (page 167)

Les possibilités illimitées de consommation devraient démultiplier ripailles et orgies, mais c’est dans l’intimité du foyer, devant les écrans, que l’être humain se réfugie la plupart du temps pour éprouver des émotions. (page 169)

Une récente enquête américaine situe le seuil de tolérance pour attendre le chargement d’une vidéo sur Internet à 0,7 seconde, au-delà, l’être humain s’impatiente. (page 171)

Etre heureux tout seul n’est qu’une illusion pathétique. (page 173)

Le bonheur est contagieux quand il est partagé. (page 174)

L’amour de soi est un prérequis essentiel du bonheur. Mais ce n’est qu’un refuge étroit pour l’individu et la voie royale vers la déchéance s’il s’y cantonne. (page 174)

Les marques seraient recentrées sur le service dans la durée et non dans la vente d’un bien à l’instant t. BMW ne vendrait plus de voitures mais de la mobilité. (page 175)

Pour les générations qui viennent à la vie aujourd’hui, il va être plus compliqué de « perdre de vue » quelqu’un ; ou, positivement, beaucoup plus simple de conserver ses contacts. (page 177)

Ce qui motive ce n’est pas la peur du vide et de la pauvreté. C’est l’espoir du bonheur. (page 202)

Il faut se débarrasser du mythe de la réussite dans la vie et viser le bonheur d’être soi pour réussir sa vie. (page 205)

 

L’homme à venir


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