CANNES : Balance ton port
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CANNES : Balance ton port

STRIKE

Nous sommes arrivés à Cannes le lundi 18 juin en milieu d’après-midi après avoir défié la SNCF un jour de grève. Nous prîmes alors possession de notre suite princière située à la résidence Pierre et Vacances de La Bocca bien connue pour ses passages de cireuses et autres tontes matinales. Il faut dire qu’aux Lions de Cannes, la notion de matinale peut prêter à discussion vu que de nombreuses activités sont nocturnes. Pourquoi donc ? Prendre un verre de rosé avant 16h00 est bien évidemment pécher et n’oublions surtout pas que les festivaliers venus d’Outre-Atlantique sont confrontés à cet inévitable décalage horaire.

Ceci étant dit, nous décidons de nous rendre du côté de la croisette, y croisons quelques personnalités de notre secteur, regardons un match de la Coupe du Monde, dégustons en guise de dîner tardif une délicieuse pizza qui devait être parsemée de caviar bio au vu du tarif pratiqué, puis décidons d’aller nous promener du côté du port histoire de prendre un peu la température non pas de l’eau mais de cette fameuse ambiance nocturne si particulière aux Lions de Cannes.

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WALKING DEAD

Il est alors un peu plus de minuit quand la sentence tombe : c’est mort de chez mort ! Nous avions un peu senti le vent du boulet venir car la croisette n’était pas déserte en journée mais nous étions bien loin de la cohue de 2017 où passer d’un hôtel à un autre hôtel en moins de 20 minutes relevait de l’exploit.

Les yachts sont donc tous fermés en ce lundi soir. Nous nous renseignons auprès du premier capitaine venu, celui du catamaran Smart en l’occurrence, qui nous confirme que la soirée fut calme. Après discussions avancées avec diverses partenaires, tout le monde s’attend à une arrivée massive de festivaliers le lendemain. Admettons. Nous décidons néanmoins d’investiguer un peu, notre rigueur professionnelle revenant au galop, et nous proposons de compter le nombre de bateaux. L’exercice est périlleux mais nous arrivons tant bien que mal au nombre 23. En 2017, ils étaient 35. La chute est réelle puisque l’on parle tout de même de 35%.

Nous continuerons pendant ces trois jours de glaner des informations quitte à mettre nos vies en danger et les résultats sont tous cohérents. Plusieurs chauffeurs de taxi nous parlent d’un business inférieur de 50% à l’année précédente. On apprend alors sous le manteau que 9 000 festivaliers seront comptabilisés au lieu des 17 000 pass de 2017.
Qui accuser ? Une ville toujours plus gourmande ? Des hôteliers qui proposent des chambres à des prix non pas exorbitants mais grotesques ? Les GAFA bien entendu qui de toute façon ont préempté le marché publicitaire ? Les excès des années précédentes quand par exemple Snap nous présentait en plein centre-ville sa grande roue ? L’absence de Publicis ? La Coupe du Monde ?
Probablement un peu de tout, mais au final, nous pouvons affirmer avec certitude qu’il y avait cette année nettement moins de monde qu’en 2017. Ça c’est dit.

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SPRING BREAK

Il faut dire que par le passé, Cannes était considéré comme étant un endroit un peu too much, une sorte de “Spring Break pour adultes venus des Etats-Unis” comme on pouvait régulièrement nous l’expliquer. On continue d’entendre beaucoup parler anglais mais les temps ont tout de même changé. Le public français est de toute façon peu présent puisque l’on évoque 10% de participants venus de notre chère patrie aujourd’hui championne du monde.

Romain Job, alors General Manager de Smart aux Etats-Unis, me disait en 2017 qu’il venait aux Lions pour rencontrer des acteurs pourtant présents à New York mais qu’il n’arrivait malgré tout jamais à croiser.
La conclusion est simple : si vous n’êtes pas présents sur les marchés anglais et américains, n’investissez pas à Cannes. Vous bénéficierez simplement des coûts made in USA mais le retour sur investissement serait plutôt powered by peanuts.

Nous avons déjà dit que moins de festivaliers sont présents mais nous comprenons alors rapidement que les présents sont là avant tout pour travailler. On continue bien évidemment de croiser quelques adeptes des 24h du rosé mais leur présence est nettement plus discrète. Julien Braun, MD France de RhythmOne me raconte : « Cette année Google a pris ses quartiers dans un immeuble et ils y organisent tous leurs meetings. Le temps du show-off est terminé. »

Cannes est donc en train de devenir studieux. Est-ce une conséquence ou une cause de son désamour, that is the question ? Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’il faudra tout de même revenir l’année prochaine pour comprendre s’il s’agissait simplement du creux de la vague. Suite au prochain numéro.

 


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